Menu
Dossiers

Marathon de Chicago : pourquoi les montres GPS ont affiché jusqu’à 45 km

Au marathon de Chicago, dimanche 11 octobre, de nombreuses montres GPS ont affiché bien plus que les 42,195 km officiels, certaines dépassant 45 km : les gratte-ciel du centre-ville perturbent la réception des signaux satellites, et l’organisation reconnaît que le problème revient chaque année.

En bref
Course : marathon de Chicago, 55 000 participants selon RMC Sport.
Symptôme : distances gonflées, parfois au-delà de 45 km, et des kilomètres « courus » en 1’18 ».
Cause avancée par l’organisation : les grands immeubles du centre-ville qui perturbent les signaux.
Prochain test grandeur nature : le marathon de New York, le 1er novembre.

Que s’est-il passé sur le parcours ? #

Le récit vient d’abord des coureurs eux-mêmes. D’après les témoignages recueillis par Ouest-France, beaucoup de finishers ont vu leur montre « perdue » pendant une bonne partie de la course.

À lire Ligue des nations : l’Espagne domine la Tchéquie (3-1), la Suisse renverse la Slovénie (2-1)

Selon RMC Sport, qui reprend ces témoignages, certains coureurs ont terminé avec une activité enregistrée à plus de 45 km. C’est bien plus que la petite marge habituelle, celle des zigzags vers un ravitaillement ou d’une trajectoire mal optimisée dans les virages.

Le cas le plus parlant reste celui d’une coureuse dont la montre a enregistré un kilomètre en 1’18 ». Aucun humain ne court à cette vitesse, et de très loin : ce temps de passage est simplement un artefact de mesure.

Pourquoi les gratte-ciel trompent-ils une montre GPS ? #

L’organisation a donné sa propre explication au quotidien régional : « Nous sommes au courant des imprécisions des montres GPS pendant les premiers kilomètres de la course. D’après ce que nous savons, elles sont dues aux grands immeubles du centre-ville, qui perturbent les signaux satellites. »

Le mécanisme est connu des ingénieurs sous le nom de « canyon urbain ». Une montre calcule sa position à partir du temps de trajet de signaux émis par plusieurs satellites. Entre deux tours de verre et d’acier, une partie du ciel est masquée, et les signaux qui arrivent ont souvent rebondi sur les façades avant d’atteindre le poignet.

À lire NFL : les Falcons écrasent les Packers 35-14, retour gagnant de Michael Penix Jr. à Lambeau Field

Un signal réfléchi parcourt un chemin plus long que le trajet direct. La montre l’interprète comme une distance plus grande et place le coureur à côté de sa position réelle. Point après point, la trace devient une ligne en dents de scie, et chaque zigzag fictif s’ajoute au compteur.

Le départ, zone la plus piégeuse

L’organisation situe le problème dans les premiers kilomètres, ceux du centre-ville. C’est aussi le moment où la montre vient d’acquérir ses satellites et où l’allure affichée sert à caler son rythme. Une estimation fausse à ce stade peut pousser à partir trop vite, l’erreur la plus coûteuse sur un marathon.

Le problème est-il propre à Chicago ? #

Non. L’organisation a indiqué à Ouest-France que ces imprécisions touchent les marathoniens depuis plusieurs années. RMC Sport rappelle que le même phénomène concerne un autre grand marathon urbain, celui de New York, dont l’édition 2026 aura lieu le 1er novembre.

Le phénomène ne dépend pas d’une marque. Toutes les montres qui s’appuient sur la réception satellite y sont exposées, même si les modèles récents bi-fréquence et multi-constellation sont conçus pour mieux filtrer les signaux réfléchis. Chicago montre que ces progrès ne suffisent pas encore à neutraliser complètement un environnement aussi dense.

À lire Mondiaux de cyclisme 2026 à Montréal : programme complet, horaires français et favoris

Comment courir juste quand le GPS déraille ? #

La recommandation relayée par RMC Sport est simple : dans les premiers kilomètres, se fier aux bornes kilométriques placées par l’organisation plutôt qu’à la distance affichée, et contrôler ses temps de passage. Il faut pour cela connaître à l’avance les temps visés à chaque borne.

Concrètement, l’usage du tour manuel aide beaucoup : appuyer sur le bouton à chaque panneau donne un temps réel par kilomètre, indépendant de la trace. Préparer une bande d’allure au poignet, ou des temps de passage notés sur un dossard, reste une méthode fiable et sans batterie.

Pour l’allure instantanée, un capteur de foulée ou un pod fixé à la chaussure mesure le mouvement sans dépendre du ciel. Il reste cependant à calibrer sur une distance connue, sur piste par exemple, avant d’en faire une référence le jour de la course.

Ne pas juger sa course sur la trace

Après l’arrivée, la seule distance qui compte est celle du parcours mesuré et le seul temps qui compte est celui de la puce. Une montre qui affiche 45 km ne signifie pas qu’on a couru plus : elle signale seulement que sa mesure a été faussée. Les records personnels et les allures moyennes d’un marathon urbain se lisent donc sur les résultats officiels.

À lire Mondiaux de cyclisme 2026 : McNulty sacré à Montréal, Paul Seixas 15e pour ses premiers Mondiaux élites

Sur le bitume, la course a tenu ses promesses #

Les coureurs d’élite, eux, n’ont pas eu à se soucier de leur montre. Selon RMC Sport, le Kényan Amos Kipruto s’est imposé chez les hommes en 2h01’09 », le cinquième meilleur chrono de l’histoire, après un long mano a mano avec l’Ougandais Jacob Kiplimo. Chez les femmes, la tenante du titre Hawi Feysa a de nouveau gagné, en 2h13’33 », record personnel à la clé.

Pour les amateurs qui visent New York ou un autre marathon de centre-ville cet automne, la leçon de Chicago est claire : la montre reste un excellent outil d’entraînement, mais le jour J, entre les tours, ce sont les panneaux kilométriques et le chronomètre qui disent la vérité.

Questions fréquentes #

Ma montre a affiché plus de 42,195 km, mon temps est-il faux ?

Non. Le temps officiel est celui mesuré par la puce du dossard entre la ligne de départ et la ligne d’arrivée. Seule la distance et l’allure moyenne calculées par la montre sont faussées.

Faut-il désactiver le GPS pendant un marathon en ville ?

Pas forcément. Le garder permet d’avoir une trace, mais mieux vaut piloter son allure aux bornes kilométriques et au tour manuel dans les zones de gratte-ciel.

À lire Emmanuel Meafou au Stade Français ? L’offre qui fait trembler Toulouse, décision attendue cette semaine

Le problème se posera-t-il à New York ?

RMC Sport cite le marathon de New York, prévu le 1er novembre, comme une autre course où le phénomène se pose, en raison de ses grands immeubles.

EB Sport est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Actualités