Tadej Pogacar a remporté dimanche sur les Champs-Élysées son cinquième Tour de France, égalant le record mythique d’Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain — pendant que Paul Seixas, 19 ans, terminait 4e pour sa toute première Grande Boucle. Un Tour 2026 historique à double titre pour le public français : jamais un si jeune coureur n’avait été aussi haut depuis des décennies… et pourtant, pas une seule victoire d’étape tricolore en trois semaines. Bilan.
- ▸Pogacar rejoint le club des quintuples vainqueurs : Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain — et désormais lui, en 73 h 56 min 26 s de course.
- ▸Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-hansgrohe) finit 2e à 6 min 26 s, le Mexicain Isaac del Toro (UAE) complète le podium à 9 min 42 s.
- ▸Paul Seixas, 19 ans, plus jeune partant du Tour depuis 1937, termine 4e à 11 min 56 s — le podium s’est joué au col de Sarenne.
- ▸Trois Français dans le top 10 (Seixas 4e, Lenny Martinez 5e, Jordan Jegat 9e), mais aucune victoire d’étape française.
Pogacar dans l’histoire : cinq Tours, comme les quatre géants #
La dernière étape, 88 kilomètres conclus sur les Champs-Élysées dimanche 26 juillet, n’a rien changé à l’ordre établi : Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) boucle ce 113e Tour de France en 73 h 56 min 26 s et décroche un cinquième maillot jaune final après ceux de 2020, 2021, 2024 et 2025.
À 27 ans, le Slovène égale ainsi les quatre légendes aux cinq victoires — Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain — et devient le premier à pouvoir viser, dès l’an prochain, un sixième Tour qui le mettrait seul au sommet de l’histoire de l’épreuve.
À lire Sport-études équitation : ce que le label FFE exige vraiment
Derrière, Remco Evenepoel a limité les dégâts à 6 min 26 s, tandis que l’étonnant Isaac del Toro, équipier de Pogacar chez UAE, a arraché la 3e place. Grand absent du bilan : Jonas Vingegaard, qui ne figure même pas dans le top 10 final — une première depuis ses débuts sur la Grande Boucle.
« Paul Seixas sera bien plus fort. »— Julien Jurdie, sur Cyclism’Actu TV
Seixas, le podium au bout des doigts #
C’était LE feuilleton français de juillet. À 19 ans, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) — plus jeune coureur au départ du Tour depuis 1937 — a tenu tête aux cadors pendant trois semaines, jusqu’à ce col de Sarenne où Isaac del Toro lui a définitivement pris la 3e place.
Le Lyonnais termine 4e à 11 min 56 s, à 2 min 14 s seulement du podium. Sur les Champs-Élysées, l’intéressé ne cachait pas une pointe d’amertume, tout en reconnaissant, comme le rapportent Europe 1 et franceinfo, que la fierté prendrait le dessus « dans quelques jours ». Pour une première participation à cet âge, une 4e place finale reste un résultat que le cyclisme français n’avait plus approché depuis une éternité.
Les anciens ne s’y trompent pas : sur le plateau de Cyclism’Actu, Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour (1975, 1977), s’interrogeait déjà à voix haute sur ce que la France tient peut-être avec ce coureur-là.
Le paradoxe français : trois hommes dans le top 10, zéro bouquet #
Le bilan tricolore est paradoxal. D’un côté, une densité inédite depuis longtemps au classement général : Seixas 4e, Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) 5e à 13 min 02 s, Jordan Jegat (Pinarello Q36.5) 9e à 29 min 28 s. De l’autre, aucune victoire d’étape française sur l’ensemble des trois semaines — les sprints, les échappées et les arrivées en altitude ont tous échappé aux Bleus.
La lecture optimiste : le cyclisme français a retrouvé des coureurs de classement général, ce qui lui manquait cruellement depuis les années Bardet-Pinot. La lecture inquiète : sans succès d’étape, l’attente d’un vainqueur français — la dernière victoire finale reste celle de Bernard Hinault en 1985 — se double désormais d’une disette au quotidien.
Rendez-vous est déjà pris : entre un Pogacar lancé vers un sixième record et un Seixas qui n’aura que 20 ans l’été prochain, le Tour 2027 a trouvé son affiche avant même son tracé.

