La FIFA a confirmé le lundi 17 août 2026 au soir la fin de sa collaboration avec Kevin Lamour, son directeur général des opérations et numéro 3 de l’instance, deux semaines et demie après que ce dirigeant français eut publiquement dénoncé le projet de Gianni Infantino d’ouvrir une partie de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
L’instance n’a donné aucun motif et n’a pas employé le mot « licenciement ». Cet écart entre la formule officielle et les titres de la presse est, à lui seul, une bonne partie de l’information.
En bref
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- La FIFA indique que la collaboration avec Kevin Lamour a « pris fin le 17 août 2026 » et annonce qu’elle ne fera « aucun autre commentaire ».
- Le 31 juillet, dans une lettre consultée par l’agence Associated Press, il avait écrit : « C’est le projet d’une seule personne », en se disant prêt à perdre son emploi.
- Ce projet, baptisé FIFA Forward Enterprise (FFE), a été retiré le 31 juillet au soir après le vote de boycott des 55 associations de l’UEFA.
- Selon les rédactions, il est dit « licencié », « écarté » ou « partant » : aucune source ne permet aujourd’hui de trancher.
Ce que la FIFA a écrit, mot pour mot #
La confirmation est arrivée en fin de journée, après un article du New York Times, et a été transmise à l’agence allemande SID. Le texte de la FIFA tient en deux phrases : « La FIFA peut confirmer que la collaboration avec Kevin Lamour en tant que directeur des opérations a pris fin le 17 août 2026 », puis « La FIFA remercie Kevin pour ses deux années de service et lui souhaite bonne chance pour l’avenir ». L’instance ajoute qu’elle ne fera « aucun autre commentaire ».
Deux détails comptent. Aucun motif n’est avancé : ni faute, ni démission, ni accord amiable. Et la mention de « deux années de service » est arrondie : Kevin Lamour a pris ses fonctions le 1er novembre 2024, soit environ 21 mois avant son départ.
Licencié, écarté, ou sur le départ ? Pourquoi les titres divergent #
Le 17 août au soir, les rédactions n’ont pas employé les mêmes mots, et ce ne sont pas des synonymes juridiques :
- « Licencié » : c’est le terme retenu par la RTS, Eurosport et L’Équipe, ainsi que par le Globe and Mail côté anglophone (fires).
- « Licencié ou démissionnaire ? » : Blick, en Suisse, laisse explicitement la question ouverte et titre que le dirigeant « n’est plus là ».
- « Quitte la FIFA » : formulation neutre, la plus proche du communiqué.
- « Serait sur le départ » : au conditionnel, dans les toutes premières dépêches de la soirée, avant la confirmation de l’instance.
Licenciement, rupture négociée et démission n’ont ni la même procédure ni les mêmes conséquences. La FIFA n’ayant qualifié aucun de ces cas, et Kevin Lamour n’ayant pas réagi publiquement à l’heure où nous publions, cette divergence reste ouverte.
Qui est Kevin Lamour, et que fait un directeur des opérations ? #
Le directeur général des opérations — chief operating officer ou COO en anglais — est celui qui fait tourner l’administration au quotidien. Ce n’est pas un poste politique : il n’a pas de voix au congrès et ne vote pas l’attribution des Coupes du monde. Il exécute et coordonne. Dans l’organigramme, il vient au troisième rang, derrière le président Gianni Infantino et le secrétaire général Mattias Grafström.
Le communiqué d’arrivée du 1er novembre 2024 donne la mesure du périmètre : neuf divisions et sous-divisions — Audit et Conseil, Communication, Finances, Juridique et Conformité, Associations membres, Personnel, Technologies et Opérations, Football professionnel, Responsabilité sociale et Éducation — réparties sur trois sites : Zurich, Paris et Miami. L’argent, le juridique et la communication de l’instance passaient par son bureau.
Un point que la presse française a peu relevé : ce même communiqué le présente comme « le Franco-Suisse », quand les titres du 17 août parlent presque tous du « Français » ; la presse suisse écrit « le Français, également citoyen suisse ». Né à Brest en 1980, il était secrétaire général adjoint de l’UEFA, qu’il avait rejointe en 2007, l’année de l’accession de Michel Platini à la présidence de l’instance européenne, dont il fut proche selon la presse française.
Sur l’orthographe : la FIFA et la majorité des rédactions écrivent « Kevin », sans accent ; quelques titres français, dont Ouest-France, écrivent « Kévin ». Nous retenons la graphie du communiqué officiel.
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FIFA Forward Enterprise : la mécanique du projet qui a tout déclenché #
Le point de rupture porte un nom : FIFA Forward Enterprise (FFE). Révélé le 28 juillet 2026 par le Times, il consistait à créer une filiale regroupant les droits commerciaux des principales compétitions — Coupe du monde masculine et féminine, Coupe du monde des clubs — puis à en céder une participation minoritaire à des investisseurs privés : environ 20 %, pour une valorisation initialement estimée à 20 milliards de dollars.
C’est la mécanique qui a inquiété, plus que le principe. La FIFA assurait rester actionnaire majoritaire et garder la maîtrise du calendrier des matches et des questions réglementaires. Mais la cession portait sur les droits commerciaux, c’est-à-dire la ressource qui finance le reste, et rien ne garantissait qu’une majorité des 211 fédérations membres soutiendrait le montage.
La riposte a été immédiate. Le 30 juillet, les 55 associations de l’UEFA votent à l’unanimité le boycott des compétitions de la FIFA tant que le projet ne serait pas abandonné « dans son intégralité » ; la Concacaf et ses 41 associations le rejettent le même jour. Le 31 juillet, Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, démissionne : « Vendre une participation permanente dans l’actif le plus précieux du soccer pour lever 4,2 milliards de dollars américains n’a guère de sens. » Le soir même, Infantino retire le projet : « cette proposition n’ira pas plus loin ».
« C’est le projet d’une seule personne. » Il y accuse Gianni Infantino d’avoir trompé ses collaborateurs, estime que ceux-ci méritaient mieux que « le mépris et l’intimidation », et poursuit : « Non seulement ce projet ne doit pas aller plus loin, mais le moment est venu pour les dirigeants du football de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions. » Avant cette phrase devenue prophétique : « Si cela signifie que je perds mon emploi, alors qu’il en soit ainsi. Je comprendrai et respecterai cette décision. Au moins, je dormirai tranquille la nuit. »
— Kevin Lamour, dans une lettre consultée par l’agence Associated Press et citée le 31 juillet 2026.
Détail décisif pour lire le 17 août : Kevin Lamour n’a pas démissionné le 31 juillet. Les dépêches du jour le notent explicitement — il a maintenu son poste tout en assumant le risque de le perdre.
La chronologie, du projet au départ #
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er novembre 2024 | Kevin Lamour prend ses fonctions de directeur général des opérations de la FIFA |
| 28 juillet 2026 | Le Times révèle le projet FIFA Forward Enterprise (FFE) |
| 30 juillet 2026 | Les 55 associations de l’UEFA votent le boycott ; la Concacaf rejette le projet |
| 31 juillet 2026 | Démission de Carlos Cordeiro ; lettre de Kevin Lamour au personnel ; Infantino retire le projet dans la soirée |
| 17 août 2026 | La FIFA confirme la fin de la collaboration avec Kevin Lamour |
Et concrètement, qu’est-ce que ça change pour la Coupe du monde ? #
Pour le spectateur, rien dans l’immédiat : le projet FFE ayant été retiré dès le 31 juillet, aucune part de la Coupe du monde 2026 n’a été vendue et le format des compétitions ne change pas.
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Le changement est ailleurs, dans l’équilibre interne. Au 17 août, l’UEFA maintenait sa menace de boycott et Gianni Infantino rassemblait des soutiens en vue du scrutin présidentiel de la FIFA prévu en mars. Dans ce contexte, le départ du numéro 3 envoie un signal lisible à l’administration : contester publiquement la ligne présidentielle a un coût. Une séquence à mettre en regard des sujets nettement plus consensuels sur lesquels l’instance communique d’ordinaire, comme l’équipe type de la Coupe du monde — ou de la manière dont se démêlent, ailleurs dans le football, les dossiers entre ce qui est confirmé et ce qui ne l’est pas.
La FIFA n’a employé aucun de ces deux mots. Son communiqué du 17 août 2026 indique seulement que la collaboration avec Kevin Lamour en tant que directeur des opérations a pris fin, sans donner de motif, et précise qu’elle ne fera aucun autre commentaire. Plusieurs médias, dont la RTS, Eurosport et L’Équipe, titrent sur un licenciement ; d’autres, comme Blick, laissent la question ouverte. En l’état, aucune source ne permet de trancher entre un licenciement et un départ négocié.
C’est le poste de chief operating officer, soit le troisième rang de l’organisation, derrière le président et le secrétaire général. Selon le communiqué de la FIFA du 1er novembre 2024, Kevin Lamour y supervisait neuf divisions et sous-divisions administratives, dont les Finances, le Juridique et Conformité, la Communication, les Technologies et Opérations et les Associations membres, réparties sur trois sites : Zurich, Paris et Miami. C’est un poste d’exécution et de coordination, pas un poste politique.
Oui, dans sa forme initiale. Gianni Infantino a annoncé le 31 juillet 2026 au soir que la proposition n’irait pas plus loin, après le vote de boycott des 55 associations membres de l’UEFA et le rejet de la Concacaf. Le projet FIFA Forward Enterprise est donc retiré, mais le débat de fond sur la financiarisation des compétitions n’est pas clos.
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Kevin Lamour a-t-il été licencié ou a-t-il démissionné ?
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À retenir
- La FIFA confirme la fin de la collaboration avec Kevin Lamour au 17 août 2026, sans motif et sans commentaire supplémentaire.
- Le mot « licenciement » vient des rédactions, pas de l’instance : la nature exacte du départ n’est pas établie.
- Il occupait depuis le 1er novembre 2024 un poste couvrant neuf divisions sur trois sites (Zurich, Paris, Miami).
- Le projet FFE, à l’origine du conflit, a été retiré le 31 juillet 2026 : la Coupe du monde n’est pas ouverte aux investisseurs privés.
Sources : communiqué officiel de la FIFA du 1er novembre 2024 ; RTS du 17 août 2026 ; dépêches AP et AFP du 31 juillet 2026.
Plan de l'article
- Ce que la FIFA a écrit, mot pour mot
- Licencié, écarté, ou sur le départ ? Pourquoi les titres divergent
- Qui est Kevin Lamour, et que fait un directeur des opérations ?
- FIFA Forward Enterprise : la mécanique du projet qui a tout déclenché
- La chronologie, du projet au départ
- Et concrètement, qu’est-ce que ça change pour la Coupe du monde ?